La sortie de la société dite de chrétienté ne signifie pas pour autant la fin du croire contemporain, mais nous assistons à l'affaiblissement de la fonction religieuse régulatrice et organisatrice de l'espace social.
L'entrée dans le XXIe siècle signifie un nouvel âge marqué par le pluralisme religieux. Au total, le christianisme se heurte à notre époque à deux tendances de sens opposés : d'une part, un mouvement fort de sécularisation de la société, de l'autre, une dérégulation des croyances et un foisonnement pluriel du religieux. Après s'être interrogé sur la question de l'affaiblissement ou du retour du religieux dans nos sociétés, nous verrons comment le nouveau paysage religieux a des conséquences importantes sur l'organisation du vivre-ensemble dans une société devenue multi-culturelle et quels défis il impose à la foi chrétienne.
DE LA SORTIE DE LA VIE. L'existence individuelle ne peut être pensée sans la mort ; cette fin tant redoutée, rupture inévitable toujours ressentie comme prématurée, doit être mise en perspective : elle ne peut être pensée sans donner du sens à la vie. L'idée que chacun se fait de la mort informe sa vision du monde. Les conceptions de la mort, à une époque donnée, dépendent étroitement de l'évolution générale de la société qui les tient. Alors qu'en est-il de la mort dans un monde régi par le progrès technico-scientifique et un individualisme de plus en plus poussé ?